Le profit des entreprises pour tous ?


Dans une économie il y a les consommateurs et les entreprises. Chaque économiste a sa théorie de qui produit la richesse, qui fait tourner qui. D’après la théorie de l’offre ce sont les entreprises qui doivent créer des emplois. Les entreprises embauchent des employées ce qui crée de la demande. Une personne employée est un pouvoir d’achat. Ce pouvoir d’achat permettre d’acheter d’autres produits. Et ainsi de suite. D’après l’économie de la demande, les entreprises peuvent seulement embaucher quand il y a de la demande des consommateurs. S’il y pas de demande, les consommateurs n’achètent pas et les entreprises ne produisent donc pas. Pas de demande, pas de production, pas prospérité. En ce moment, c’est vrai nous manquons cette demande. C’est bien pour cela que la BCE assouplit sa politique monétaire pour créer de la demande. Une demande artificielle bien évidemment. 




Une tendance qu’on voit aujourd’hui ce sont les profits des entreprises. Ils n’ont jamais été aussi hauts. Ceci peut indiquer la santé d’une économie. Une entreprise qui fait des profits embauchera dans le futur et paiera plus de taxes. Or mon petit cœur d’amour, ceci est la théorie. 

Trois tendances

Le graphique ci-dessous montre les profits des entreprises américaines, le rendement sur le capital et la distribution des profits.





Le profit des entreprises américaines : le premier graphique nous montre donc que le profit des entreprises repart à la hausse et est presque au même niveau que dans les années soixante. Une différence entre les sixties et maintenant c’est la spread (la différence) entre la courbe pre et post tax. Aujourd’hui, le profit avant les taxes est presque équivalent au profit après les impôts. Le spread est à son plus bas, ce qui veut dire que les entreprises ne paient presque plus d’impôts. Ce n’est plus un secret, chaque multinational fait de l’optimisation fiscale pour payer moins d’impôts. Ils ont des filiales en Irlande, au Luxembourg, aux Bahamas et ainsi de suite. C’était moins le cas auparavant. On voit bien que jusqu'aux années 2000 il y a un beau grand écart entre les deux courbes.

A première vue on pourrait dire que c’est bien que les bénéfices augmentent. Si le profit augmente cela veut dire que les entreprises pourront engager, cela veut dire qu’il y a de nouveau de la demande, que les gens sont de nouveau prêts à dépenser leur argent. Les bénéfices pourront être taxés pour payer la sécurité des concitoyens, pour payer la sécurité sociale ou pour diminuer les impôts sur les ménages. Malheureusement ce n’est pas le cas. Les impôts n’arrêtent pas d’augmenter premièrement et deuxièmement c’est une hausse de profit artificielle. Parfois de hauts bénéfices peuvent montrer une maladie. Certaines entreprises peuvent gagner plus d’argent en exploitant des monopoles. En étant seul sur le marché on peut demander n’importe quel prix.

Dans les écoles, nous apprenons qu’il y a trois possibilités d’augmentation de profit. En premier lieu il y a le technologie et l’intelligence artificielle. La technologie bénéficie à une plus grande croissance. Elle permet aussi de remplacer facilement des humains par des machines. Une machine une fois amortie coûte presque plus rien or une personne il faut payer des charges sociales, sa pension, son salaire, sa voiture, son bébé etc. La mondialisation est la deuxième raison. Le mot est tombe, ça va jaser. La mondialisation permet à des entreprises de délocaliser la production dans des pays à bas coûts. Les moyens de transport ne coûtent plus rien. Plusieurs entreprises délocalisent leurs usines en Europe de l’Est. Dans ces pays les normes sont moins strictes et avec le marché libéral exporter devient un jeu d’enfant. Le déclin d’adhésion aux syndicats est la troisième raison. Les syndicats sont des moins en moins écoutés aux Etats-Unis. Ils ne peuvent plus négocier des hausses de salaires. Ce sont des raisons qui bénéficient à l’économie. Elles sont naturelles et persistantes.  

Il y a d’autres raisons qui sont moins orthodoxes. La politique monétaire de la FED et de la BCE bénéficie aussi aux grandes multinationales. Les taux d’intérêts sont bas. Emprunter de la dette et émettre des obligations ne coûtent plus rien. Ceci permet aux entreprises d’acquérir d’autres entreprises. Beaucoup le font pour diminuer les coûts et pour gagner des parts de marchés. Cela permet aussi de consolider les balances et d’augmenter artificiellement les bénéfices. Le lobbying des grandes entreprises permet aussi d’augmenter les bénéfices. Les multinationales ont dépensé trois milliards de dollars en lobbying. Pour durcir les règles par ici, pour assouplir des règles par là mais toujours au détriment des autres. Toujours au détriment de la population et des petites entreprises. Ceci est une des raisons de la baisse des créations des petites entreprises aux Etats Unis. Prenons l’agriculture en France. Les entreprises créent de nouvelles normes pour tuer les petites fermes locales. Mais rassurez-vous. Tout cela c’est pour votre bien ! Nous sommes là pour vous aider. Après nous avons les ETF. Ce sont des fonds passifs. En achetant les actions d’un index il le réplique pour tenter d’avoir un rendement identique à l’index.  Il n’y ni vente ni achat d’actif par un manager. Il n’y a personne qui essaie de battre le marché. Tout est contrôlé par un ordinateur. Mais voilà le problème. Quand on détient une action on a aussi un droit de vote. On est invité aux assemblés générales. On peut voter pour ou contre certaines décisions. On peut prendre la parole. Quand on est un grand actionnaire on peut faire changer l’avis des dirigeants. Dans les ETF il n’y personne. Il y a juste un ordinateur sans avis. Une firme peut donc avoir une part importante de ses actions qui sont dans les mains de ses fonds. Il n’y a donc personne qui se présente aux assemblés Quand des actionnaires. Personne ne qui peut donner son avis sur les décisions des directeurs. Personne qui dit que la manière dont l’entreprise fait c’est bénéfice est immorale.


Le rendement sur le capital. Piketty, dans son bon livre « Le capital au XXI siècle » nous expliquait sans thèse sur le rendement du capital et le rendement des salaires. Quand le rendement sur le capital augmente plus vite que la croissance des salaires, la concentration des capitaux augmente.  Le rendement sur le capital d’après The Economist est à 16%. Je ne connais pas beaucoup d’employés qui connaissent une telle croissance par an de leur salaire. Le graphique ci-dessous montre une croissance (de salaires américains) d’un peu moins de 4%. Donc il y a une accumulation des capitaux, ce qui augmente l’inégalité. L’inégalité dans le monde diminue aussi la demande. Un ouvrier peut seulement dépenser son salaire. Oui il peut aussi emprunter. Mais cette dette il faut la repayer un jour. Donc disons qu’il peut seulement dépenser son salaire. Cet ouvrier comme il a un salaire bas, une augmentation de salaire sera très bénéfique pour l’économie. Il le dépensera plus vite. Or la même augmentation pour un très riche ne signifie pas la même chose. Il ne le dépensera peut-être pas parce que pour lui cette augmentation c’est rien. 





Il faut dire que la politique monétaire de la BCE et la FED ne vont pas améliorer cela. On donne de la liquidité dans le marché ce qui fait que le rendement sur le capital augmente encore plus alors que les salaires stagnent parce qu'il n'y pas de demande et parce que le le nombre de personne au chômage reste énorme.

La distribution des profits. Dans les école on apprend toujours qu’il faut maximaliser le ‘shareholder value’ ou la valeur pour les actionnaires. La valeur pour l’actionnaire est le rendement réalisé sur le capital propre. Pour faire cela on peut diminuer le capital propre et augmenter les dettes. On peut aussi l’augmenter en diminuer les coûts, en ne faisant pas grossir les salaires des employés ou en augmentant les gains. On peut le faire par différents moyens comme on l'a vu. Tout est bon si en fin de compte au crée de la valeur pour les actionnaires. 

En augmentant la dette et en diminuant le capital propre, le risque de l’entreprise augmente mais le rendement sur le capital aussi augmente. Comme la dette est très peu chère ces jours-ci beaucoup d’entreprises en profitent pour emprunter. On voit sur le graphique que plus de 10% des entreprises ont un rendement de plus 50% sur leur capital. Contrairement à moins de 2% dans les années soixante. Est-ce vraiment très sain ? On voit aussi qu'un peu moins de 10% des entreprises ont un rendement inférieur à 0%. Dommage que The Economist ne donne pas de détails. Ca serait intéressant d'avoir le même graphique avec la taille de l'entreprise. Mais revenons à notre sujet : il y a des entreprises qui ont un haut rendement et il y a des entreprises qui n'ont pas de rendement du tout. La encore il y a une concentration de capital. D'un côté le capital est concentrée dans les entreprises et donc pas chez les salariés. Et de l'autre côté c'est seulement une petite partie de ces entreprises qui détiennent le capital. Il y a donc une énorme inégalité dans le monde / dans l'économie américaine. Et évidemment que cette inégalité ne favorise pas la croissance. Seulement faut-il se demander si l'on peut résoudre ou diminuer cette inégalité. 

Les multinationales contrôlent

Comme le montre ce graphique ci-dessous pour le même nombre d’entreprises le pourcentage des gains a augmenté. Le même nombre de formes contrôles plus de ressources que 15 ans auparavant.  Les entreprises multinationales aux USA comptent pour 1% du nombre des entreprises et elles contribuent à 23% du PIB d’après McKinsey. Ceci est disproportionné parce que quand on est grand on aussi du pouvoir. Le pouvoir de changer les règles et le pouvoir de tricher. 




Mais cela veut aussi dire que 99% des entreprises font 73% du PIB américains. Mais ces entreprises-là elles sont tellement petites qu’elles ne peuvent pas faire du lobby dans les parlements, elles ne peuvent pas placer leurs pions un peu partout. Or on sait aussi que ce sont les PME (en Europe en tout cas) qui créent de l’emploie. 85% des nouveaux emplois en Europe sont créés par les PMEs.

Ces entreprises peuvent aussi négocier pour le traité transatlantique TTIP. Elles peuvent négocier en leur faveur. Les gens normaux, les consommateurs n’ont pas ce pouvoir. Eux ils subissent. Il faudrait une économie au bénéfice de tout le monde, qu’il soit grand ou petit, qu’il soit chef d’une grande multinationale ou ouvrier d’une usine.

Mais alors que faire ?

Je vais commencer par me répéter. Il faut sortir de cet économie low-cost et miser sur la qualité. Aussi on ne changera pas le monde avec les impôts et les taxes. La gauche doit le comprendre. Nous sommes arrivés dans une société sans valeurs. Le seul Dieu est l’argent. L’argent est un équivalent ontologiquement creux, ce n’est que du papier et du métal, mais symboliquement riche de bonheur. On le considère comme une protection contre la mort et l’effondrement de tout sens, ce qu’il n’est bien sûr pas. Il produit une existence sociale composée d’un malaise permanent, parce qu’elle est fausse. Les chefs d’entreprises doivent se former une conscience. La morale est très importante. Produire d’une façon morale c’est tellement reposant pour la conscience. Ces chefs ont travaillé pour, je ne nie pas ça. Mais ils ont aussi de la chance. De la chance d’être né où ils sont. Bref, oui vous allez fuir si je Kiwi fait la morale à tout le monde. Vous avez compris quoi.

Mais l’Europe a trop peur. L’Europe a peur de montre ce qu’elle sait faire. Elle peur parce que son histoire est ce qu’elle est. Soyons fier de ce que nous savons faire. De ce que nous sommes. De ce que nous savons. Arrêtons d’avoir peur. Redémarrons notre pensée et notre conscience. Regardons le monde. Regardons ce que nous avons créé. Mais regardons aussi les choses dont on a honte. Ne fermons pas les yeux. Changeons. 

Sources : 

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