Super De Croo et le sauvetage des pensions


 Le Ministre des Pensions Alexandre de Croo a lancé l’idée de reformer le deuxième pilier des pensions. Réformer, soyons sérieux. Ce n’est qu’une petite réformette qui ne fera même pas mal à une mouche. Et puis on m’a dit qu’il y a bientôt des élections. Je ne sais pas si c’est vrai.  

Dans le deuxième pilier la sécurité sociale il y a le plan des pensions complémentaires qui fonctionne via le système de capitalisation via une assurance vie ou un fond de pension. Le plan de pension complémentaire est souscrit par l’employeur pour ses employés. 35% des pensionnés actuels bénéficient des pensions complémentaires. Dans le futur le pourcentage sera entre 50 et 70%.   

Le deuxième pilier n’est pas accessible pour les fonctionnaires.  

Une fausse bonne idée  

Comme dans le premier pilier Alexander De Croo veut que les gens prennent leur retraite plus tard. Le Ministre a déjà ajouté une condition de temps de carrière pour avoir une pension complète. Il aussi relevé l’âge de la pension anticipée à 61 ans sous condition d’une carrière de 39 ans (2014)Cela veut dire qu’on ne peut pas recevoir des allocations avant cet âge-là. Tout ceci pour garder les gens au travail. D’un autre côté il y a tellement d’exceptions qu’on n’arrive pas à garder les 50-55 ans au travail. Mais ceci est un autre débat. 

Dans un plan de pension les employés reçoivent souvent leur capital issu de l’assurance vie / du fond de pension à 60 ans. Parfois c’est même 65 ans. Cela dépend du contrat qui est fait sur mesure pour l’employer. Alexander De Croo veut augmenter la limite d’âge pour le versement du capital.  Le but est que les gens reçoivent le capital en même temps que l’âge légal de la pension légale.  

Le deuxième pilier, tout comme le troisième pilier est un pilier de capitalisation. C’est-à-dire que les individus versent chaque mois une prime sur un compte / dans un fond et s’attendent à recevoir plus tard leur capital de retour avec des intérêts. Mais c’est justement ces piliers-là qu’il faudrait stimuler. Comme nous le savons tous notre premier pilier de répartition est en danger. Il n’y a plus assez d’actifs pour financer les non - actifs.  

Les gens doivent avoir confiance au système de capitalisation. Ils doivent avoir confiance dans l’assurance vie / le fond de pension avec rendement garanti ou non mais ils doivent aussi avoir confiance dans le gouvernement (c’est difficile je sais). Le gouvernement qui ne doit pas trop s’en mêler.  

  1. Il y a les taxesqui peuvent décourager les personnes. Parallèles aux taxes il y a la complexité de la fiscalité. A la fin du trajet vous espérez recevoir un beau petit capital parce que vous avez cotisé toute votre vie. Et bien sûr vous avez aussi déjà payé des taxes sur les primes versés dans le fond de pension ou dans l’assurance vie mais voilà sur le versement du capital il y a encore des impôts à payer : 

  • Capital 
  1. Cotisations INAMI : 3.55% 
  1. Cotisations de solidarité : 0-2% 
  1. Le précompte : 10-20% 
  1. La taxe communale :  +- 8%  

  • Primes versées par l’employeur  (chaque mois ou années) 
  1. Taxe : 4.4 ou 9.25% 
  1. ONSS : 8.86%  

Ceci sont les taxes sur le capital. Mais de nos jours le gouvernement stimule plutôt une rente que le versement du capital. Pourquoi donc cette discrimination ? Si demain je voudrais acheter une ville à un million d’euros à Knokke Le Zoute ? Avec la rente je ne pourrai donc pas pleinement profiter de mon capital. Encore une fois : du capital constitué de mon propre argent !  

Je dois être honnête. Je ne dis pas tout. On a quelques avantages fiscaux sinon cela n’aurait pas le succès que ça.  

  1. Et puis il faut laisser l’employeur / l’employé libre de décider de l’âge du versement du capitalPourquoi ? C’est honteux que quelqu’un d’autre vienne décider pour toi si tu as droit à ton capital. C’est l’individu même qui a cotisé année après année pour ses vieux jours. On n’a pas le droit de mettre un âge limite. L’âge doit être fixé par le contrat qui a été négocié par l’employeur avec le fond / la compagnie d’assurance.  Un employé qui verra qu’il doit encore attendre quelques années pour recevoir son capital restera peut-être quelques années en plus au travail. Cela veut dire qu’il recevra moins vite et moins longtemps des allocations de la sécurité sociale. Mais dans le deuxième pilier ce sont les employeurs qui souscrivent les assurances vies. L’employée n’a donc rien à dire. Tandis que dans le premier pilier, l’employé choisi tout lui-même. Dans ce cas-ci l’état socialiste produire encore des plus démunis. Parce que quelqu’un qui a bien gagné sa vie peut prendre sa retraite à 61 ans et peut facilement attendre deux ou trois ans avant de recevoir son capital. Lui ça ne le dérangera pas entre guillemet.  

  1. Si le gouvernement vient à chaque fois décourager le deuxième pilier il a intérêt à garder le premier pilier en vie ! Ceci est l’argument le plus important je trouve.   

  1. Faut-il donc rendre obligatoire le plan de pensions complémentaire ? Oui mais quid des coûts et des taxes ? Les règles inutiles et la complexité du système comme la règle du 80% y joue aussi un rôle. L’analyse pour voir si on a droit à déduire les primes ou pas.  

Le premier pilier et la cotisation du premier pilier est obligatoire : ceci sont les taxes sur les salaires. Tout le monde sait qu’en Belgique ce coût est donc déjà très haut. C’est pour cela qu’il faut trouver un bon équilibre entre les allocations de pensions perçus par l’état et le capital constitué par le pensionné même. Mais c’est nécessaire si on met à mort la pension légale. Mais ici il faut faire attention à ceux qui n’ont pas de job, ceux qui sont au chômage. Pour rappel le contrat du second pilier est négocié par l’employeur. Si on perd son job on ne verse plus de prime et donc plus de capitalisation. Certes, la réserve cumulée reste grandir avec les intérêts. La perte d’emploi a un beaucoup plus grand effet sur le plan de pension complémentaire que sur la pension légale. Ce dernier est calculé en fonction des salaires…  

A côté de la confiance dans le fond de pension ou l’assurance vie. Il faut aussi choisir entre les deux. Mais ceci est un tout autre débat.  

Conclusion 

Mais ici encore c’est qu’une petite réformette. L’effet sera sûrement très petit sur l’âge auquel les gens prendront leur pension légal. Et comme le j’ai déjà dit notre pays a un problème à garde les 50-55 ans au travail. Pourquoi fermer le bouchon de la baignoire s’il y a des fuites partout ? 
Le sujet est très sensible. Certains veulent absolument garder le premier pilier en vie. D’autres préfèrent le voir disparaitre pour faire place au deuxième et troisième pilier. Je pense qu’il faut trouver un bon équilibre entre les deux.  

Il faut aussi arrêter le mêle tout du gouvernement. Régler l’âge du versement du capital, discrimination entre rente et capital, les taxes, … Donc l’Etat taxe un plan pour assurer son train de vie et pour faire en sorte de ne pas tomber sous la sécurité sociale ? Fucking logic 

Avant de terminer de cet article certains se demanderont alors pourquoi le deuxième pilier a tellement de succès après tout ce que je viens de dire. Certes certes c’est un système fantastique qui peut être amélioré et qu’on ne peut absolument pas négliger mais faut faire attention de ne pas le détruire.   


Documentation 
 
http://www.tijd.be/nieuws/sector_pensioenen/De_Croo_wil_leeftijdsgrens_extra_pensioen_optrekken.9461909-3239.art 
Cursus KULeuven 

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